Lorsque je dis: "intolérance des ariégeois" je fais mon mea-culpa car en vérité je voulais dire "intolérance des anti-ours", mais dans le feu de l'action ma langue a dépassé ma pensée.

Y.P.

 

Mon témoignage sur les méthodes des anti-ours.

Déjà en arrivant en Hte Ariège le ton est donné: graffitis partout, style "mort aux ours", "ours=danger", "non aux ours" et même un centre d'hébergement dont le nom est depuis des lustres "Le pas de l'ours" et dont l'enseigne a été gribouillée afin de le transformer en "Pas d'ours".
Marché dimanche matin où nous descendons à vélo. Là un présentoir dont le nom est "Le village de l'ours". Je vais trouver la vendeuse:
"bonjour, je crois que vous devez aimer le risque".
Rire: "pourquoi?"
"Ben dans le coin, avec votre nom...."
"Bof, y a pas de problèmes"
"puis-je prendre votre devanture en photo, je vous ferais de la pub sur le forum de l'ADET"
"Ah oui, l'Adet, je connais, j'espère pouvoir être présente aux Automnales"
Nous remontons chercher mon appareil photo et de l'argent afin de pouvoir acheter du fromage.
Au retour, je me mets de l'autre côté de la route afin de prendre des photos, appareil d'une main, vélo à l'autre, quand les énergumènes en Tshirt noir arrivent. Je veux filmer, mais mon appareil est neuf et je ne maîtrise pas, je suis sur la mémoire et non sur la cassette, donc les images seront inexploitables (PS: j'ai réussi à récupérer 2 secondes de mauvaise qualité dont j'ai tiré ces quatre photos: les visualiser)  ... ils sautent sur le stand bousculent la vendeuse et lui volent des papiers (cartes de présentation de l'exploitation), par contre juste après je prends une photo (voir photo) mais un type me voit, je m'approche et là, la deuxième photo est le paquet de tracts sur mon objectif! (voir photo)

Lire le tract

Ensuite je m'engueule copieusement avec eux tout en filmant, ce qui tempère un peu leur agressivité, mais je ne sais pas si ça marche vraiment, je fais du moins semblant. En fait je filme réellement...
Ils me traitent de connard, etc... Ils disent à la vendeuse qu'ils la laisseront vendre à condition qu'elle enlève ses pancartes. Une personne vient à la rescousse en leur demandant de la laisser tranquille sinon il appelle les gendarmes. Ca se calme. Ensuite ils mettent en avant les 160 brebis dérochées et là je leur dis qu'elles ont été indemnisées au bénéfice du doute. Ils me répondent que c'est des conneries que même le préfet "est monté", comme si c'était une preuve. Et moi je sors à la cantonade ce que nous savons: que l'éleveur touchait 2000 euros pour faire garder le troupeau et que ce jour là, ce troupeau n'était pas, comme par hasard, sous surveillance. Suprême insulte: après le "connard qui se masturbe" j'ai droit à un "retraité enseignant", ce dont je ne suis pas tout à fait mais presque et que j'assume entièrement et dont je suis fier, car au moins j'ai oeuvré pour une éducation, un respect des autres et une tolérance que je crois bons. Enfin, nous sommes partis afin de ne pas envenimer les choses envers la vendeuse, d'autant plus que du monde avait été attiré et qu'elle vendait comme elle n'avait sûrement jamais vendu ses produits (fromages brebis et mixte, miel, confitures). (voir photo)

Un grand merci à la personne en débardeur blanc qui est, lui aussi, venu aider la vendeuse en difficulté.

En visualisant la vidéo, je vois en arrière plan un autre personnage en chemise à carreaux, gendarme retraité, impliqué dans le tourisme local en tant qu'accompagnateur ou un truc comme ça, qui s'est bien gardé, lui, par contre, d'intervenir mais qui a même l'air de connaître les fauteurs de trouble.

Sur  "la Dépêche du Midi" édition ariégeoise, est parue une photo qui montre deux des agresseurs des Cabannes en tête d'une manifestation anti-ours. Ce sont donc bien des "meneurs"  qui, à la limite,  font peut-être même de l'intimidation envers d'autres éleveurs afin de les entraîner dans ces manifestations d'un autre âge (c'est comme ça en Béarn, certains éleveurs se plaignent de ces pratiques). Ils "creveront" avec ou sans les ours, de toute façon c'est ineclutable, et les ours sont même un espoir de les sauver en amenant des aides supplémentaires. (voir la photo)

Yvan Puntous